Jeux de société : mon bilan du premier semestre 2026

Malgré un premier semestre agité qui laissait peu de place au blog, j’ai réussi à conserver mes précieux créneaux ludiques. Essentiellement du jeu de société, sujet de cet article, entre autres pour la parenthèse qu’il octroie hors des écrans. Près de 50 jeux différents ont croisé ma table, quasi exclusivement du jeu expert, dont la moitié de découverts ou d’approfondis. Au final, une poignée de nouveautés de 2026 mais pas tant que ça, faute de candidats alléchants. Je me suis plutôt concentré sur les titres phares du jeu de stratégie sur table… Vous trouverez ci-dessous une description et un bref avis des principaux jeux qui m’ont accompagné durant ces 6 premiers mois de l’année et dont je n’ai pas (ou peu) parlé sur le blog. Pas mal de coups de coeur mine de rien, bien que trois déceptions pourtant acclamées par la critique se sont glissé dans mon planning.

Coups de coeur

Voidfall

Spirit Island régnait en maître sur ma ludothèque, mais ça c’était avant. Voidfall a débarqué et ébranle depuis le petit écosystème qui siège sur mon étagère. Eurogame lourd aux penchants de 4x sans exploration (3x ?), Voidfall est une oeuvre SF incroyable qui a su me convaincre dès la première partie. Un jeu d’une richesse inouïe, capable de mettre d’accord les économistes aguerris comme les conquérants les plus agressifs. Basé sur un principe simple, jouer à chaque tour l’une des 9 cartes de sa main pour effectuer 2 des 3 actions inscrites dessus, le jeu est d’une élégance telle que l’on oublie la complexité élevée de ses règles. En revanche, la profondeur, on ne l’oublie pas. Et l’on se surprend à calculer jusqu’à 5, 6, voire 10 tours à l’avance notre plan d’action pour optimiser la croissance de notre empire. Divin en solo comme à plusieurs, et peu importe le nombre de joueurs autour de la table, Voidfall jouit de plus d’une rejouabilité impressionnante grâce aux différentes factions et aux éléments tirés aléatoirement lors de la mise en place. Son principal défaut : cette mise en place justement, très longue même avec un bon insert. Prévoyez une bonne heure pour votre première partie et la moitié pour les suivantes. Et sans insert, je préfère ne pas imaginer. Bref, Voidfall joue donc du coude à coude avec Spirit Island, que je continue de sortir avec toujours autant de plaisir malgré les années qui défilent. Va t’il le détrôner ? Ça reste à voir… Peut-être en 2027, avec cette première extension que j’attends de pied ferme !

À la Gloire d’Odin

Je remercie Super Meeple pour la réimpression de ce classique de la pose d’ouvriers. Il a rejoint ma ludothèque accompagné de son extension et ce fut l’occasion de le redécouvrir en solo et à 4 joueurs. Que dire, à part que c’est excellent ? Le jeu n’a pas perdu de sa fougue malgré son esthétique qui ne trompe pas sur son âge. Grâce à ses 60 actions possibles (!), À la Gloire d’Odin ravira les experts amateurs de pose d’ouvriers et de liberté stratégique. Son thème Vikings bien retranscrit nous accompagne pour sa part le long de chaque manche, de la récolte au banquet, et le long de chaque action, notamment lors des raids et des pillages. Une pépite de Uwe Rosenberg que je vous invite à découvrir malgré sa direction artistique datée.

Everdell Silverfrost

J’ai donné mon avis à sa sortie avec un test express, et après plusieurs parties supplémentaires à 2 et à 4 je confirme qu’il s’agit d’un excellent choix pour initier des joueurs au monde expert. Everdell Silverfrost est un chouette jeu de pose d’ouvriers et de construction de tableau, mignon de surcroît. Je reste tout de même sur ma faim quant au mode solo. Il est fonctionnel et sympa, comme dit dans le test, mais après plusieurs parties palpitantes en multi il me paraît dorénavant fade

Galactic Cruise

Cet eurogame sorti fin 2025 bénéficie déjà d’un test, mais je tiens à le mentionner ici car il rejoint la liste très selecte des jeux que je sors de façon régulière. Vivement critiqué pour son éventuelle redondance (que je ne partage pas totalement), Galactic Cruise revêt des airs de course extrêmement satisfaisante quand on réussit à bien optimiser nos actions. Quant à son mode solo, il est très efficace.

Hoplomachus Victorum

Déjà mentionné dans ma liste des meilleurs jeux solo, Hoplomachus Victorum vous place dans la peau d’un gladiateur déterminé à calmer les ardeurs de Pluton et de ses sbires. Ce jeu, qui se présente sous forme de campagnes rejouables de 10h, alterne entre phases stratégiques (développement du héros et de son armée, déplacement dans le monde…) et combats tactiques bien fichus et pas si dépendants du hasard qu’il n’y paraît. Un jeu très satisfaisant avec du beau matériel et, cerise sur le gâteau, une mise en place en 5 minutes intégrant un système de sauvegarde. Son bémol reste le même que pour les autres jeux de Chip Theory, un prix très élevé.

Carnegie

Une très belle surprise découverte par hasard grâce à une promotion. Carnegie retrace dans les grandes lignes l’histoire de l’industriel philanthrope éponyme. Pour gagner, les joueurs doivent développer le réseau d’infrastructures des Etats Unis et faire des donations, qui font office de multiplicateur de score. Loin des jeux bac a sable aux innombrables voies de développement, Carnegie ressemble d’une certaine façon aux vieux eurogames, avec son système de jeu épuré et interactif (centré sur le blocage d’autrui). Il laissera donc de marbre une partie des joueurs qui le trouveront redondant, quand les autres savoureront sa finesse. Je recommande tout de même la micro extension pour varier davantage les situations. Une note sur le solo : parfait, et difficile à souhait. Vivement l’extension qui ajoute l’Europe !

Brass Birmingham

Après avoir essayé Brass Lancashire en 2025, est venue l’heure de tester le jeu de société n°1 selon BGG. Bien que je ne le classerai pas dans mes favoris, pour moi sa réputation n’est pas volée. Brass Birmingham est un jeu superbe. Une lutte économique et logistique en pleine ère industrielle, avec un système de double manche original et bien pensé. Son élégance cache une profondeur stratégique remarquable et il me tarde de voir ce que vaudra le troisième épisode, Pittsburgh (qui comprendra en sus un mode solo officiel).

Old King’s Crown

Celui-là, j’ai hésité entre le coup de coeur et la déception. D’un côté, le jeu est magnifique et il offre d’excellentes sensations. Véritable ovni qui mélange jeu de bataille, deckbuilding, enchères et plus encore, il offre une expérience stratégique asymétrique et rafraîchissante. La tension y est omniprésente, comme le bluff. Malheureusement, à l’instar d’un Root encore plus cryptique pour le débutant, Old King’s Crown nécessite d’être joué et rejoué pour en saisir les termes, les subtilités et les styles de chaque faction. À moins d’affronter les 2 même adversaires (le jeu se pratique idéalement à 3), il risque d’être difficile à sortir et de frustrer ceux qui le découvrent. Un excellent jeu, mais pas adapté aux tables changeantes et désireuses de s’éclater dès la première partie.

Et déceptions…

Loin d’être mauvais, ces jeux ne m’ont simplement pas aussi marqué que je l’espérai.

Luthier

Je suis surpris par les critiques de redondance qui visent Galactic Cruise mais pas Luthier. Dans ce dernier, j’ai littéralement eu l’impression de refaire chaque fois la même partie. Bien qu’agréable à jouer, notamment grâce à l’ingénieux système de force d’ouvriers, il tourne autour de 4-5 actions obligatoires à répéter ad-vitam. Et au final, je préfère jouer à autre chose pendant que sa grosse boîte prend la poussière sur l’étagère. Reste le thème qui me plaît beaucoup, illustré avec brio. Concernant le solo, il fonctionne sans être transcendant. Un peu trop lourd à gérer et peu engageant à affronter à mon goût, la tension de ce jeu venant surtout de l’interaction à 3 ou 4 joueurs.

Keyside

Je n’ai pas beaucoup de parties de Keyside mais pour l’instant le cœur n’y est pas. Ce nominé aux diamants d’or et aux Experts Awards, prévu en VF pour cet automne, offre pourtant une très belle densité stratégique. Mais, chose rare, le thème et les visuels me rebutent vraiment. Quant aux mécaniques, j’ai la sensation de jouer à quelque chose de plus compliqué qu’il ne devrait l’être. Dans les grandes lignes, les joueurs utilisent des dés pour poser des ouvriers sur des ports aux effets différents (gagner du blé, construire une maison…) et la valeur du dé déterminera la force de l’action. Après 3 manches, en fin de partie, les joueurs calculent les points rapportés par chaque port (qui possède un objectif différent) multiplié par le nombre d’ouvriers présents. Le jeu s’encombre cependant de mécaniques secondaires censées contraindre le joueur (règles de pose d’un dé, enchères inversées pour suivre un joueur qui pose, tuiles marchés recto verso inégales, mini pistes technologiques, bâtiments à faible potentiel de score…) et l’on se retrouve à affronter autant le jeu que les adversaires. Je vais insister, mais ce n’est pas une évidence ! Un détail positif tout de même, le solo fonctionne pas trop mal pour un jeu à forte interaction.

Assault Sicily 43′

Ce beau bébé à la boîte immense et aux visuels agréables m’a définitivement fâché avec les wargames hex & counter (sur table). Trop de règles alambiquées, de jets de dés et de manipulations administratives qui alourdissent l’expérience. Il n’est pas plus responsable qu’un autre wargame, j’ai simplement perdu mon appétence pour ce type de jeu (en attendant l’excellent titre qui ravivera la flamme ?). Guadalcanal devrait cependant pointer le bout de son nez d’ici la fin de l’année et me rabibocher avec les jeux de guerre plus légers.

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