Kalypso continue d’étoffer Commandos : Origins avec un second DLC : No Man Left Behind. Un contenu dans la lignée du précédent et du jeu original, destiné aux amateurs de cette nouvelle formule qui en demandent encore. Ça tombe bien, c’est mon cas !

À la rescousse du béret vert
Là où Commandos Origins commençait par la libération du béret vert, No Man Left Behind remonte le temps pour se situer avant cet événement du jeu original. Il retrace en effet la capture de l’emblématique O’Hara puis la traque par les commandos venus le libérer. Parti seul en France pour exfiltrer un agent en danger, le Béret Vert ne réussira pas à fuir avec la discrétion qui le caractérise. Mais informés de sa disparition, l’artificier, l’espion et le tireur d’élite partent alors à sa recherche. Le plongeur et le mécano restent aux vestiaires, à partir de la seconde mission, seul le trio susnommé vous accompagne !
Sur le même format que Shadows Over Crete, ce DLC se déroule en quatre missions. Toutes possèdent un objectif principal qui évolue, accompagné de quêtes annexes, secondaires, qui se déroulent sur des environnements semi-linéaires de taille appréciable. N’attendez pas trop de nouveautés, à l’instar de Shadows Over Crete elles sont minimes. La principale : l’ajout d’un nouveau type d’ennemi, l’opérateur radio. Cette unité communique en permanence avec une radio ou avec d’autres opérateurs et le joueur doit couper la communication pour l’éliminer sinon l’alarme est automatiquement déclenchée. Contrairement aux parachutistes du premier DLC, coriaces mais anecdotiques, les opérateurs radio sont chouettes à affronter (à solutionner) et intègrent avec plus de présence le terrain de jeu.
Autre nouveauté si l’on peut appeler ça ainsi, le jeu met davantage l’accent sur l’aspect narratif et cela se retrouve jusqu’aux objectifs secondaires des missions. On doit à plusieurs reprises chercher -de façon facultative- des preuves pour retrouver le béret vert, preuves souvent posées à proximité d’ennemis. Et quelle ne fut pas ma surprise en voyant la quantité de fausses pistes dissimulées ! Petite déception tout de même, la fin m’a semblé abrupte, comme si elle ignorait un gros pan de la ligne temporelle. Pour le reste, No Man Left Behind représente ni plus ni moins un pack de missions pour ceux qui ont apprécié le système original. Un pack de bonnes missions.


L’Auvergne, moins chouette que la Crète ?
Les événements de ce DLC se déroulent en Auvergne, dans une ambiance grisâtre entre milieu carcéral et forêt du massif central. Forcément, ça dépayse moins que les plages et les ruines de la belle Crète. C’est d’ailleurs, peut-être, le principal reproche que je ferai à ce DLC. Il présente un air de déjà-vu, moins d’originalité en termes de charme et de visuels. Mais en ce qui concerne les situations tactiques en elles-mêmes, nous sommes face à du qualitatif.
Ça commençait pourtant mal. La première mission, au contrôle du béret vert seulement, m’a en effet laissé un sentiment de fainéantise, avec cette sensation de jouer à un puzzle linéaire sans réelle liberté d’approche. Sur ce type de jeu, gérer un seul personnage peut vite se montrer redondant et limité. L’intérêt réside surtout dans la synergie entre les protagonistes, dans la recherche d’actions combinées pour venir à bout de patrouilles serrées. Fort heureusement la suite s’améliore avec les missions suivantes, à commencer par la seconde qui vous demande de retrouver votre objectif parmi 5 zones que vous pouvez presque arpenter dans l’ordre que vous souhaitez. Ayant vite trouvé mon objectif, je n’ai pas eu besoin de visiter la moitié de la carte, si ce n’est pour compléter les objectifs secondaires facultatifs. Fruit du hasard ou illusion bien menée ? Difficile à dire mais j’en sors satisfait.
Même ressenti sur la troisième mission, où j’ai aussi laissé filé la moitié du terrain. Elle offre au joueur deux itinéraires vous menant à la fin, signifiant que vous ne verrez pas tout, sauf si vous forcez le nettoyage de la carte. Certains trouveront cela dommage, j’y vois pour ma part un potentiel de rejouabilité et une agréable sensation de liberté. Enfin, sur la dernière mission, je me suis fait un petit plaisir en réalisant la totalité de mes objectifs, sauf l’extraction, avec l’espion seul. Vu le nombre de munitions et d’équipement croisé pour les autres personnages, j’ai bien compris que le jeu n’était pas censé être fait ainsi ! Et c’est d’autant plus grisant. Je reprocherai simplement aux développeurs l’utilisation d’un mur invisible et d’obstacles grossiers forçant de façon artificielle l’usage des autres personnages, qui pouvaient pourtant s’échapper seuls. Mais je chipote, ce procédé reste monnaie courante dans l’univers du jeu vidéo.
Cette ouverture si agréable se fait cependant au détriment de la difficulté et de la durée de vie. Environ 6h pour venir à bout des 4 missions, 8 si vous visez les objectifs secondaires. L’aspect plus tendu du contenu précédent forçait à recommencer certains passages, alors qu’ici vous progresserez de façon plus fluide. Les goûts et les couleurs, vous y verrez une bonne ou une mauvaise nouvelle selon ce que vous cherchez. Ayant bénéficié de ce dlc gratuitement, difficile pour moi de juger de son rapport qualité prix. Mais à 15€, il se réserve surtout à un public de passionnés.


Un agréable Commandos au sentiment de déjà-vu
Je vois donc ce DLC sous deux prismes. D’un côté, il manque clairement d’inspiration et on a l’impression d’y avoir déjà joué. Le risque de lassitude est réel si vous recherchez un thème et non une mécanique. De l’autre, les niveaux sont globalement bien conçus et je les ai parcouru avec plaisir malgré ma soixantaine d’heures déjà passées sur Origins. Cependant, la redondance mécanique commence à apparaître et j’espère que si Kalypso prévoit un troisième DLC, ce dernier présentera quelque chose de frais. Comme un retour en Asie ou l’intégration d’autres personnages.
Page steam | Tarif : 14.99€ | Test du jeu original et de Shadows Over Crete




