Test | Shift’n Slay

Découvert en juin dernier lors du Steam Next Fest, le roguelike tactique I Am The Law change d’identité pour son lancement. À contrario de nombreux jeux indépendants, il se lance dans le grand bain sans passer par la case accès anticipé. Résultat : c’est la douche froide.

Shift’n slay vous place dans la peau de Slayer, véritable machine à tuer qui arpente la tour d’un univers cyberpunk dans le but de briser une boucle temporelle. De ce synopsis découle un roguelike au tour par tour centré sur des combats dynamiques au concept simple : vos actions ne sont jouables qu’une fois mais se réinitialisent toutes à chaque ennemi tué.

Votre champ d’action se résume à ces options :

  • Se déplacer.
  • Tirer au pistolet. Trois munitions au choix, avec la balle classique, l’immobilisante et l’incapacitante.
  • Attaquer au corps à corps
  • Pousser un objet ou un personnage
  • Utiliser un consommable, qu’il soit offensif, défensif ou porteur de bonus.

En optimisant bien votre jeu, vous pouvez ainsi nettoyer de gros pans de niveau en un seul tour. J’aime beaucoup l’idée, qui m’avait déjà séduit lors de la démo. Enchaîner une interminable danse meurtrière face à des ennemis démunis procure un agréable sentiment de satisfaction et de toute puissance. Poussez un ennemi contre un autre, jetez leur une chaise, barrez la route avec un obstacle… puis transpercez la brochette d’hostiles avec une balle bien placée. L’ia, bien que sommaire, joue son rôle d’harceleur à merveille et saura vous encercler avec agressivité tout en évitant de se trouver à proximité des dangers.

Malheureusement le concept peine à se développer et pire, à se renouveler, peu aidé par le contenu rachitique qui nous laisse sur notre faim. Après avoir sélectionné un bonus de départ -obtenu grâce aux ennemis et boss vaincus- puis un package -option déverrouillée en atteignant le boss final-, vous arpentez 3 actes au thème différent (les voyous, les samouraïs et les agents, ou quelque chose du genre) composés au total d’une douzaine de niveaux et de 3 boss pour une durée de jeu oscillant entre 2 et 3 heures. Une durée de vie courte et habituelle dans le monde du roguelike, seulement les niveaux restent les mêmes d’une partie à l’autre, exception faite du placement des ennemis tiré au hasard parmi plusieurs configurations. Pas de niveaux de difficultés, pas d’options de parties ou autres variantes, rien que le même itinéraire.

Durant ce lap de temps, vous obtiendrez de rares compétences aléatoires visant à améliorer une caractéristique ou débloquer de nouvelles options comme la possibilité de frapper au corps à corps sur une case en diagonale. Et c’est à peu près tout en ce qui concerne le développement de votre personnage. Plus gênant, on fait vite le tour de l’arsenal puisqu’il n’y en a pas vraiment en dehors du pistolet, d’une poignée de consommables (mine, grenade, piège…) et d’un bouclier. Faute de progression notable, on se lasse rapidement malgré une idée de base intéressante. Et pour ma part j’en ressors frustré alors que la démo me filait l’eau à la bouche.

Shift’n Slay se révèle de plus contraignant et punitif en raison d’une limitation drastique et volontaire des munitions et consommables, laissant la fâcheuse impression de jouer à un puzzle où l’erreur se paie cher. Un sentiment exacerbé face aux limites tactiques, comme l’incapacité de tirer par dessus un tabouret ou une table, ou encore l’impossibilité de pousser un hostile contre un mur ou un meuble. L’aléa qui impacte l’équipement de départ et les compétences acquises jouent également dans l’équation, avec un écart de difficulté non négligeable selon les bonus obtenus.

Un bref point sur l’aspect technique, correct sans plus, avec une surexploitation des mêmes modèles 3D mais une absence générale de soucis de performance ou de stabilité. Un résultat acceptable si l’on considère qu’il s’agit du travail d’un seul développeur et d’un jeu proposé à 11€.

Si le développeur n’a pas choisi la voie de l’accès anticipé, ses messages sur les forums laissent tout de même présager un suivi et un possible ajout de contenu. C’est très exactement ce qu’il manque au jeu. S’il réussit à étoffer l’ensemble, à varier les situations et proposer plus de liberté tactique (des classes ?), Shift’n Slay sera un chouette jeu. Et je ne manquerai pas de vous en parler. Il persiste toutefois dans un état encore un peu trop brut pour que je le recommande.

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